Le bassin olympique de Vaires-sur-Marne a vibré le 3 septembre dernier lors de la quatrième étape de la Coupe du monde de canoë-kayak slalom. Dans une ambiance survoltée où plus de 5 000 spectateurs avaient répondu présents, les Français ont une nouvelle fois prouvé qu’ils ne lâchent rien sur leur terrain. Avec un parcours redoutable de 22 portes, la compétition n’a pas épargné les kayakistes venus des quatre coins du globe. Malgré une qualification marquée par quelques erreurs surprenantes, l’équipe de France a su relever la tête pendant les finales pour décrocher deux médailles précieuses.
Chez les hommes, Titouan Castryck, toujours en quête d’une constance à toute épreuve, a offert un spectacle contrasté. Après une qualification cahoteuse qualifiée de « vulgaire » par les commentateurs, il s’est repris de la meilleure des manières en finale, signant un temps exceptionnel sous la pression d’un public acquis à sa cause. La bataille fut serrée, mais c’est finalement l’Italien Giovanni De Gennaro qui a privé le Français d’or, laissant Castryck savourer l’argent. À ses côtés sur le podium, Martin Cornu, plus régulier et appliqué, a décroché son premier bronze chez les séniors, traduisant l’excellent état de forme de cette nouvelle génération de kayakistes tricolores.
- Une organisation impeccable sur le bassin francilien où passion et technicité étaient au rendez-vous.
- Un parcours de 22 portes exigeant où la moindre faute coûte cher, défi relevé par nos Français.
- Titouan Castryck montre des signes de fatigue en début de saison, mais reste un pilier de l’équipe.
- Martin Cornu prometteur, rappelant qu’il faut parfois passer par la remise en question pour grandir.
- Les Français absents du podium en canoë, ce qui impose de repenser certains choix pour ne pas se faire distancer.
Des qualifications masculines palpitantes à Vaires-sur-Marne
Les 78 kayakistes masculins ont dû composer avec un tracé d’une difficulté diabolique. L’itinéraire imposé a offert une intense bataille de secondes, où chaque milliseconde comptait. Le public a assisté à des changements vertigineux au classement provisoire, avec notamment l’Irlandais Ben Brown, hilarant sur son podium de leader temporaire malgré son classement mondial 70e, qui a fini par chuter lamentablement après une accumulation de pénalités. La suite n’a pas été plus simple, avec des noms habitués à dominer le circuit comme l’Allemand Stephan Hengst ou le Tchèque Vit Prindis qui se sont succédé au sommet du classement sans jamais vraiment s’imposer face à la fougue des Bleus, portés par le bouillant Martin Cornu.
Ce dernier, en parfaite symbiose avec la ferveur locale, a parfaitement maîtrisé son passage avec un temps de 92.59 secondes sans faute, électrisant les tribunes. Mais il a dû céder sa position aux derniers concurrents, notamment l’Australien Lucien Delfour et l’incontournable Anatole Delassus, deuxième à 90.60, avant l’entrée en piste de Titouan Castryck. Celui-ci, malgré son rang de numéro un mondial, s’est montré moins souverain avec des erreurs inhabituelles, terminant à une décevante 9e place provisoire. L’entraîneur Jonas Turmeau a de son côté pointé du doigt la fatigue accumulée et le manque de concentration, révélateurs des premières failles de l’équipe alors que la saison ne fait que commencer.

Une finale qui confirme la combativité française
Au moment de repartir à zéro pour la finale, les Bleus n’ont pas tremblé. Titouan Castryck a parfaitement remis les pendules à l’heure, malgré une pénalité de 2 secondes pour contact avec une porte, il a signé le meilleur temps tricolore avec 90.52 secondes. Martin Cornu, en coéquipier solide, a tenu la pression pour s’emparer de l’argent avant de finalement glaner le bronze, une première pour ce jeune athlète en senior. Seul bémol dans cette démonstration, Anatole Delassus, qui a subit les affres des dernières portes, a déçu en terminant dernier de la finale, un rappel brutal que le niveau est impitoyable.
La joie était visible sur les visages des Français à l’issue de la course, joie toutefois entachée par la prestation exceptionnelle de l’Italien Giovanni De Gennaro, premier au classement final, lequel leur a volé la vedette mais a offert au moins un spectacle de qualité, loin des erreurs françaises du matin. Pour tous, cette étape est une piqûre de rappel sur la nécessité d’élever le niveau et de garder le cap vers l’excellence mondiale.
Les Bleus féminines en quête de leurs repères
Le bassin de Vaires-sur-Marne s’est montré un peu plus hostile aux femmes françaises cette fois-ci. Avec 55 participantes engagées, la pression était palpable, et malheureusement, les Bleues n’ont pas su profiter du soutien massif du public. Marjorie Delassus a connu une descente chaotique, accumulant les pénalités pour finir loin derrière à la 28e place d’un classement très relevé. Camille Prigent, malgré une énergie indéniable sur les rouleaux, a payé cher ses écarts de vitesse pour clore en 18e position. Seule Emma Vuitton a réussi à faire bonne figure, sécurisant une place en finale grâce à un classement 10e lors des qualifications.
En finale, Emma n’a pas démérité, terminant 6e, mais le mental semblait encore lui jouer des tours, un point crucial que la team de France doit régler si elle veut réellement viser des podiums à venir. Sa réaction à chaud reflétait cette frustration contenue et ce combat intérieur qui freinent souvent nos athlètes en immobilier face aux meilleurs mondiaux.
Malheureusement, la journée du 4 septembre, consacrée aux épreuves de canoë, n’a pas souri aux tricolores, qui ont dû revoir leur copie, ne parvenant pas à monter sur le moindre podium. Le défi est donc lancé : si les kayakistes continuent de porter haut les couleurs, il va falloir que les canoéistes français redoublent d’efforts et corrigent ces lacunes criantes.