Coupe du Monde : Ajaccio entre joie et déception dans ses bars et restaurants

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À Ajaccio, la Coupe du Monde a déclenché un savant mélange de joie et de déception dans les bars et restaurants de la ville. Entre l’enthousiasme palpable lors des matchs de l’équipe de France et l’indifférence quasi complète pour d’autres rencontres, le tableau est loin d’être uniformément rose. Malgré l’excitation liée à la compétition mondiale de football, plusieurs établissements tirent la tronche face à une fréquentation en dent de scie, sur fond d’inflation galopante et de pouvoir d’achat en berne. Le 14 juillet, jour de la demi-finale France-Espagne, a pourtant prouvé que quand le spectacle est au rendez-vous, Ajaccio sait se mobiliser avec passion et ferveur.

En bref : Ajaccio oscille entre joie lors des gros matchs de l’équipe de France et désillusion dans ses bars et restaurants. Le manque d’engagement sur d’autres rencontres, le décalage horaire avec l’Amérique du Nord, et surtout la « crise des clopes » économique réduisent la ferveur habituelle autour du football. On constate en outre une volonté grandissante de suivre les matchs chez soi, privant les établissements d’une ambiance maximale. Enfin, seuls les supporters les plus acharnés se disputent les quelques places en terrasse, parfois à coups de réservations organisées bien en avance.

Ajaccio partagée entre ferveur et désenchantement pour cet événement sportif majeur

Impossible de passer à côté de l’atmosphère contrastée qui règne dans les rues d’Ajaccio durant cette Coupe du Monde. Du côté du Café Latin, rue Fesch, la scène était presque idyllique pour le coup d’envoi de la demi-finale entre la France et l’Espagne : Lionel et sa fille avaient même conditionné leur soirée à la diffusion du match dans ce bar-restaurant. L’ambiance y est « chaleureuse », mais surtout électrique. Pourtant, cette euphorie ne s’est pas généralisée à tous les établissements de la ville.

Mathias Filoni, serveur dans le centre-ville, note que la clientèle n’a vraiment commencé à se montrer nombreuse qu’à partir des huitièmes de finale. Il se remémore avec amertume : « Il y a vingt ans, même les rencontres minables, on les regardait au bar ! ». Aujourd’hui, la pression économique y est clairement pour quelque chose. Le gérant du Mimo, un peu plus loin sur la même rue, exprime son cynisme : « Les gars aiment le foot, mais ils veulent pas sortir le fric. Comment voulez-vous qu’on travaille ? » Il évoque sans fard l’impact conjoint des tensions géopolitiques, de l’inflation, et la morosité ambiante générée par l’élection présidentielle qui s’approche.

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Un événement sportif sous l’ombre du contexte économique et social

Le décrochage de l’intérêt pour certains matchs est renforcé par le décalage horaire sensible avec l’Amérique du Nord, où se déroule la compétition. De nombreux bars et restaurants ont même décidé de ne pas diffuser toutes les rencontres, jugeant que « c’était pas rentable » d’étirer leurs services jusque très tard pour un résultat économique insuffisant. Du reste, les sommes exigées pour obtenir les droits de retransmission et satisfaire les obligations avec la SACEM pèsent lourd sur leur budget déjà serré.

Jean-Noël Pinelli, patron de La Fabrique Givrée, a néanmoins déployé de gros moyens : une terrasse géante équipée d’un grand écran grâce à un partenariat avec le restaurant Le Duô. Malgré ses efforts, l’enthousiasme n’a pas été à la hauteur. Les matches en petits calibres, loin des Bleus, n’attirent guère, et la chaleur estivale accablante n’arrange rien à la donne. Il remarque que « c’est une chance que les Bleus soient allés jusqu’en demi-finale », sinon la participation aurait frisé le zéro.

Les supporters, seuls remparts d’une ambiance footballistique vivante à Ajaccio

Pour conjurer le sort, certains établissements ont su tirer leur épingle du jeu. Sur le port, au Tino, l’équipe en place est aux petits soins avec les aficionados du ballon rond. Chaque chaise sur la terrasse était réservée bien en amont du choc franco-espagnol, avec une volonté forte d’offrir une vue parfaite sur le grand écran. Chez Modern’, Jean et ses amis, fervents supporters, n’ont raté aucun match des Bleus malgré la température et l’heure tardive des rencontres. Ils reconnaissent volontiers que la dynamique mélangeant supporters et détracteurs crée une ambiance plutôt « sympa », loin de l’indifférence observée ailleurs.

La perspective d’une finale sans la France, prévue pour le 19 juillet, suscite déjà des interrogations sur la capacité des établissements à mobiliser les foules. Pour les fans qui ont soutenu avec ardeur l’équipe de France tout au long du tournoi, cette élimination en demi-finale résonne comme un coup de marteau, nourrissant autant la déception que l’admiration pour la persistance des Bleus.

Quoi qu’il arrive, cette épreuve sportive reste un rendez-vous clé pour la cité d’Ajaccio qui, année après année, tente de concilier la magie du football mondial avec les réalités parfois dures de son économie locale. Pour revivre les compositions, tactiques et coups d’éclat des Bleus, rendez-vous également sur les analyses de l’équipe de France à la Coupe du Monde et les récits du choc décisif entre la France et l’Espagne.

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